Des personnes en deuil portent le cercueil d'Ali Khamenei, le défunt guide suprême iranien, au mausolée de l'imam Ali à Najaf, en Irak, le 8 juillet 2026 ( AFP / Hussein FALEH )
L'Iran va inhumer jeudi l'ayatollah Ali Khamenei, à l'issue de six jours qui auront vu la dépouille du guide suprême traverser de hauts lieux du chiisme dans le pays et l'Irak voisin, des cérémonies dont son fils et successeur a jusqu'ici été absent.
Tué le 28 février à l'âge de 86 ans dans une frappe aérienne au premier jour de la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël, celui qui a dirigé la République islamique pendant près de 37 ans va être enterré à Machhad (nord-est), sa ville natale.
Ces funérailles ont lieu en plein regain de tensions, malgré un cessez-le-feu: les Etats-Unis ont de nouveau frappé l'Iran dans la nuit de mercredi à jeudi pour tenter de réduire son contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que l'Iran a dit avoir riposté en visant des sites au Koweït, au Qatar et à Bahreïn.
La liaison ferroviaire entre Téhéran et Machhad, longue de quelque 800 km, a été suspendue après des frappes américaines, selon les chemins de fer de la République islamique, cités jeudi matin par la télévision d'Etat, qui a ajouté que des transports routiers étaient organisés pour les passagers bloqués.
Selon l'agence officielle Irna, Ali Khamenei sera inhumé à Machhad au sein du mausolée de Reza, le plus important lieu de culte d'Iran. L'imam Reza est le seul des douze imams du chiisme à être enterré dans le pays.
Des millions de personnes attendues
Cité par la télévision, le gouverneur de Machhad, Hassan Hosseini, a affirmé "s'attendre à ce que 15 millions de personnes", soit cinq fois la population de la ville, assistent aux funérailles.
Le début de la cérémonie est prévu à 14H00 (10H30 GMT), après avoir été repoussé de plusieurs heures en raison du retard pris par le transfert de la dépouille depuis l'Irak, selon la télévision iranienne.
Toute la nuit, et pendant des heures avant le début des obsèques, des fidèles ont patienté dans les rues de Machhad. Certains agitaient d'immenses portraits d'Ali Khamenei, tandis que d'autres, réunis en groupes, récitaient en chœur des chants religieux. Une vaste banderole déployée sur la façade d'un immeuble proclamait: "Nous allons tuer Trump". Une autre promettait une récompense de 100 millions de dollars pour sa mort.
En Irak, le cortège transportant le cercueil du dirigeant, enveloppé dans un drapeau iranien sur lequel son emblématique turban noir était posé, avait été accompagné d'immenses foules à Najaf et Kerbala, qui abritent les sanctuaires les plus sacrés de l'islam chiite.
L'étape irakienne a ponctué un hommage de plusieurs jours qui a rassemblé des millions de personnes et a été conçu comme une démonstration de force et d'unité de la part du pouvoir iranien, en plein regain de tensions avec les Etats-Unis.
Le président américain Donald Trump s'adresse à la presse lors d'un sommet de l'Otan au complexe présidentiel de Bestepe, à Ankara, le 8 juillet 2026 ( AFP / SAUL LOEB )
Les dépouilles des proches de l'ayatollah Khamenei, tués avec lui à Téhéran (une de ses filles, un gendre, une belle-fille et une petite-fille, âgée de 14 mois d'après les autorités), ont fait le voyage en Irak sans prendre part aux processions.
Mojtaba Khamenei jusqu'ici absent
Des personnes en deuil tiennent une une photo du défunt fondateur de la République islamique, l'ayatollah Khomeini, du guide suprême défunt, l'ayatollah Khamenei, et de l'actuel guide suprême, Mojtaba Khamenei, lors du cortège funèbre de l'ayatollah Ali Khamenei à Nadjaf, le 8 juillet 2026 en Irak ( AFP / Qassem al-KAABI )
Mojtaba Khamenei, qui a succédé à son père à la fonction de guide suprême, n'a en revanche pas été vu depuis le début des cérémonies, ni depuis sa désignation en mars. Aucune déclaration en son nom n'a non plus été diffusée depuis que les obsèques ont commencé.
Blessé lors des frappes qui ont tué son père, le dirigeant de 56 ans ne s'exprime que par des communiqués qui lui sont attribués.
Les funérailles d'Ali Khamenei, élevé en martyr, sont comparables à celles de son prédécesseur en 1989, l'ayatollah Rouhollah Khomeini, fondateur de la République islamique, et ont vu des millions d'Iraniens envahir lundi les rues de la capitale puis mardi de la ville sainte de Qom.
Les obsèques, initialement prévues en mars, avaient été reportées en raison de la guerre. Le cercueil du défunt avait été exposé pendant deux jours samedi et dimanche à la Grande Mosalla, un site religieux et politique de la capitale iranienne où Iraniens en deuil et dignitaires de la République islamique se sont succédé.

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